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Erwan Jegouzo, traducteur de jeux vidéo : “Découvrir de nouveaux horizons”

A 46 ans, Erwan Jegouzo est traducteur de jeux vidéo. Celui qui est aussi le président de l’Atelier des médias nous explique son métier, qui ne consiste pas (seulement) à jouer à la PlayStation en picorant des cacahuètes. 
Il vient de Nantes en Bretagne (c’est lui qui le dit), et on peut voir en savoir plus sur lui
ici.

Dans quoi travailles-tu ? 
Pour aller vite, je suis traducteur freelance de jeux vidéos de l’anglais vers le français.

Qu’est-ce que tu préfères dans ton travail ? 
Jouer à la PlayStation en picorant des cacahuètes. Plus sérieusement, on s’imagine que je travaille affalé sur mon pouf à tester des jeux vidéos du matin au soir… Pourtant, l’envers du décor est moins glamour* (*piano dramatique). Je n’ai le droit la plupart du temps qu’à des fichiers de texte brut avec au mieux un lien YouTube vers des vidéos du jeu et des dates de livraison impossibles. 
Ayant commencé comme testeur de jeu puis testeur de la version française de jeux sur PS2 pour des gros éditeurs, j’ai évolué naturellement vers la gestion de projets puis la traduction. J’ai eu la chance de travailler sur des gros jeux comme Le Seigneur des Anneaux, Spider-man 2, Doom 3, Shrek Super Slam ou d’avoir traduit et/ou édité des Final Fantasy (FF3, FFXII, DQ8, ceux qui savent sauront…). J’ai aussi traduit des ovnis comme ça ou ça
Aujourd’hui, je travaille beaucoup sur des jeux mobile très courts ou des jeux de rôles très longs avec au milieu des relectures d’argumentaires de vente d’imprimantes (si si). Le plus important, c’est que chaque nouveau projet force à s’intéresser à des sujets que l’on ignorait, ça rend humble et les idées claires.

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“J’y ai trouvé des gens que l’on peut qualifier de géniaux,
et même mon amoureuse”
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En quoi le coworking a changé ta vie ?
Il faut d’abord savoir qu’on m’a recalé une première fois avant de m’accepter à l’AdM (soi-disant parce qu’il y avait trop de traducteurs, j’ai les noms…), puis d’avoir été élu président de l’association par le conseil d’administration. 
Travaillant seul à la maison, j’en avais marre de n’avoir pour seule présence que le reflet de mon visage dans mon ordi (aussi beau sois-je…), alors j’ai décidé de me rapprocher d’autres paum… travailleurs indépendants comme moi pour découvrir de nouveaux horizons. Cela m’a permis par exemple de me perdre dans la forêt du Morvan, de manger du comté dans le Doubs, de boire du vermouth à Barcelone et de repeindre les murs de la salle téléphone… J’y ai trouvé des gens que l’on peut qualifier de géniaux, et même mon amoureuse* (*piano romantique), what else ?

Dis-nous tout, quels sont tes talents cachés ? 
Avant d’être dans les jeux vidéos, je voulais travailler « dans le cinéma ». J’ai fait une école à Paris, où je voyais deux  films au minimum par jour pendant deux ans en mode étudiant, et puis il a fallu se lancer dans la vraie vie… Je me suis retrouvé à un peu tous les postes  : assistant de production, figurant pour un téléfilm de M6, livreur (et délivreur et exterminateur) de boîtes d’insectes vivants pour un documentaire (dont des cafards du Mexique de 5cm), ou encore « ventouseur », c’est-à-dire gardien d’emplacements de parking la nuit dans la rue pour les camions de tournage le lendemain. Bref, comme on peut parler de « professionnels de la profession », j’étais un « intermittent de l’intermittence », et quelques épisodes plus tard je me suis retrouvé à Lyon dans les jeux vidéo…

Qu’aimes-tu faire de ton temps libre ?
Ce qui ne m’empêche pas de continuer à regarder des films, beaucoup de films, encore des films, d’acheter des CD de jazz et d’essayer d’apprendre l’italien. Je fais aussi des crêpes pour mes enfants le dimanche soir et, chaque été, tel un saumon remontant le courant du fleuve, je rejoins à l’instinct (via l’A71) la Source du beurre salé et la Vraie mer (ceux qui savent savent).

Quelle est la chose la plus folle que tu aies jamais faite ?
Un jour j’ai serré la main de Claude Rich.

Parmi les coworkers, qui aimerais-tu découvrir davantage?
Fanny !